Les professeurs de langues réclament leurs droits

Les institutions européennes offrent à leur personnel des cours de langue qui jouent un rôle concret dans le déroulement des carrières : maîtrise d’une troisième langue, accès à la promotion, obtention d’un CDI pour les agents GFIV, ou encore préparation aux postes hors-Union. Ces cours sont dispensés par des enseignants qualifiés, expérimentés, intégrés au quotidien des institutions, mais exploités et dont le statut juridique ne reflète pas cette réalité.
Ces professeurs sont en effet employés sous statut d’indépendant, via des sociétés privées titulaires de marchés publics attribués par la Commission européenne. Or, selon le collectif qui les représente, ce montage contractuel ne correspond pas à leur situation réelle : ils ne disposent ni de la liberté d’organisation, ni de la clientèle propre qui caractérisent le travail indépendant. Ce statut leur retire en revanche des droits essentiels : salaire minimum garanti, protection sociale, couverture santé, droits à la retraite, protection contre le licenciement, et accès au dialogue social. Il complique également leur capacité à développer une pédagogie adaptée aux spécificités du multilinguisme institutionnel.
Face à cette situation, U4U a apporté son soutien au collectif des enseignants : une expertise juridique a été produite et une pétition (à signer ici) a été lancée pour sensibiliser le personnel des institutions. La prochaine étape envisagée est une saisine de la commission belge compétente en matière de relations de travail, préalable possible à une médiation, voire à une action en justice visant à faire requalifier les contrats en contrats de travail de droit belge.
Une telle procédure a un coût. C’est pourquoi le collectif a lancé un appel à contribution, adressé à la fois aux signataires de la pétition et aux étudiants des cours eux-mêmes. Chaque don, même modeste, contribue à financer une démarche qui dépasse la seule question statutaire : il s’agit de défendre la qualité de l’enseignement des langues dans nos institutions, et de mettre fin à une forme de précarité organisée au cœur même du service public européen.
U4U appelle ses adhérents à répondre à cet appel. Les informations pour contribuer figurent dans le message du collectif, diffusé en parallèle de cet article.
U4U soutient les revendications des professeurs de langue. Eux aussi ont le droit à une rémunération juste et un cadre social digne !

Les professeurs de langue jouent un rôle essentiel dans la carrière des fonctionnaires et autres agents de la fonction publique européenne.
Dans un environnement multiculturel et multilingue, leurs formations sont un levier direct d’efficacité professionnelle. Elles permettent au personnel d’exercer ses fonctions avec compétence, mobilité et ouverture.
Le Statut des fonctionnaires européens rend d’ailleurs leur rôle indispensable :
• la maîtrise d’une troisième langue est exigée lors de la première promotion.
• Elle est également requise pour l’obtention d’un contrat à durée indéterminée pour les agents contractuels du groupe de fonction 4.
Autrement dit : sans eux, pas d’évolution de carrière ni même de perspectives de prolongation de contrats.
Une précarité inacceptable
Pourtant, ces formations sont assurées par des enseignants engagés comme prestataires privés, via des sociétés de formation sélectionnées par appels d’offres des institutions européennes.
La situation de ces professeurs est préoccupante :
• Rémunération horaire comprise entre 28 et 35 euros brut en moyenne (parfois 45€ à Luxembourg), incluant non seulement l’heure de cours, mais aussi la préparation.
• Aucune prise en charge des cotisations sociales (maladie, retraite, accident).
• Aucun paiement des congés.
• Aucune compensation pour les périodes sans cours.
Pire encore : le versement des heures prestées a lieu après le 20 du mois suivant.
Ces pratiques fragilisent ces professionnels hautement qualifiés qui contribuent directement à la qualité du service public européen.
Cette situation ne peut plus durer. Nous réclamons donc :
À court terme
La Commission doit intégrer, dans les appels d’offres, des clauses contraignantes garantissant une rémunération juste, couvrant l’ensemble du travail réellement presté (cours, préparation, suivi), ainsi qu’un cadre social digne.
À moyen terme
La Commission doit intégrer ces enseignants comme agents contractuels à durée indéterminée au sein d’une entité de formation interinstitutionnelle, afin de :
• Stabiliser les équipes pédagogiques
• Développer des modules adaptés aux réalités institutionnelles
• Renforcer la qualité et la cohérence des formations linguistiques et culturelles
Dans ce cadre, nous demandons aussi la réintégration des professeurs qui ont quitté le service ou en ont été exclus en raison des mauvaises conditions qui leur étaient offertes.
En soutenant cet appel, nous défendons non seulement nos professeurs, mais aussi la qualité du service public européen.
Pour signer, indiquez votre nom, votre prénom et votre adresse email professionnelle. Signez ici !